Comment reconnaître un deepfake dans une publicité d’investissement

Mis à jour le 30 octobre 2026

De plus en plus de publicités frauduleuses utilisent des deepfakes : des vidéos où une célébrité semble parler, mais dont le visage ou la voix ont été générés ou manipulés par l’intelligence artificielle. En France, nous en avons vu avec Élise Lucet, Xavier Niel, Loïc de La Mornais ou Anne-Élisabeth Lemoine, entre autres. Bonne nouvelle : pas besoin d’être expert pour les éviter, le contexte les trahit presque tous.

Le plus important : le contexte

Avant les détails techniques, posez-vous ces questions. Si la réponse à l’une d’elles est « oui », peu importe le réalisme de la vidéo :

  • Une célébrité recommande-t-elle une plateforme pour gagner de l’argent dans une publicité ?
  • Promet-elle des gains rapides, garantis ou « automatiques » ?
  • La publicité mène-t-elle à un « article de presse » avec un formulaire d’inscription ?
  • Vous demande-t-on un dépôt pour commencer ?

Les célébrités ne promeuvent pas de plateformes d’investissement de cette façon. Beaucoup ont dénoncé publiquement ces vidéos. Voyez qui est usurpé dans notre liste de célébrités.

Indices visuels

  • La bouche ne correspond pas aux mots : lèvres qui bougent bizarrement, dents floues ou qui changent de forme.
  • Clignements étranges : trop rares, trop réguliers, ou regard qui ne fixe rien.
  • Contours du visage flous ou « scintillants » autour du menton, des cheveux ou des oreilles.
  • Peau trop lisse ou lumière qui ne correspond pas au décor.
  • Coupes et zooms constants, pour cacher les défauts.
  • Lunettes, bijoux ou mains qui se déforment.

Indices sonores

  • Voix plate ou robotique, sans respirations ni pauses naturelles.
  • Intonation étrange ou accent qui n’est pas le sien.
  • Son trop propre pour la scène.
  • Phrases génériques que cette personne ne dirait jamais.

Vérifiez la source

  • Cherchez l’interview originale sur le site officiel de l’émission ou du journal cité. Elle n’existera pas.
  • Regardez qui diffuse la publicité : souvent des pages récentes aux noms sans rapport ou des comptes piratés.
  • Cherchez le nom de la plateforme sur InvestRedFlags et dans les listes noires de l’AMF.

Que faire si vous en voyez une

  1. Ne cliquez pas et ne laissez pas vos coordonnées.
  2. Signalez la publicité au réseau social (menu ⋯ → signaler → arnaque).
  3. Si vous vous êtes déjà inscrit ou avez payé, suivez le guide pour les victimes.

Pour comprendre tout le parcours de l’arnaque, lisez comment fonctionnent les arnaques avec des célébrités.

Résumé hebdomadaire des plateformes d’investissement frauduleuses que nous détectons dans les publicités sur les réseaux sociaux. Lire le rapport de la semaine →

Déjà inscrit ou déjà payé ?

  1. Ne payez plus rien, même s’ils réclament des « impôts » ou des « frais » pour débloquer votre argent.
  2. Appelez votre banque aujourd’hui : faites bloquer votre carte et demandez une rétrofacturation (chargeback) ou le rappel du virement. Plus tôt, plus de chances.
  3. N’installez rien de ce qu’ils demandent (AnyDesk, TeamViewer…). Si c’est fait, désinstallez-le et changez vos mots de passe.
  4. Portez plainte auprès de la police et signalez-le au régulateur de votre pays. Conservez captures d’écran, e-mails et numéros de téléphone.
  5. Méfiez-vous des sociétés de « récupération de fonds » qui vous promettront de récupérer votre argent contre paiement : c’est presque toujours une seconde arnaque.

Guides sur les arnaques à l’investissement